Confort thermique dans les bureaux : concilier sobriété énergétique et conditions de travail
Pour diminuer leurs dépenses énergétiques en hiver, certaines entreprises peuvent décider d’activer le chauffage lorsque la température des bureaux est inférieure à 19 °C. Pour assurer de bonnes conditions de travail, l’employeur doit assurer une ambiance thermique adaptée à l’activité physique des travailleurs. Et pour un travail de bureau, en période hivernale, la température de confort thermique se situe autour de 21 à 23 °C.
La mise en place d’un plan de sobriété énergétique dans une entreprise est généralement constitué d’un ensemble d’actions qui vont permettre de réduire les coûts liés aux énergies. Ces actions peuvent porter par exemple sur l’éclairage1 ou le chauffage des locaux, l’organisation du travail avec du télétravail accru, l’amplitude horaire de travail…1https://www.inrs.fr/actualites/eclairage-sobriete-energetique-sst.html
Selon le plan, certaines ou l’ensemble de ces actions peuvent constituer une modification importante des conditions de travail. Il est essentiel de rappeler que tout changement important dans l’organisation, les procédés ou les conditions de travail nécessite une réévaluation des risques : il ne faut pas déplacer les risques existants vers d’autres risques, ni en créer de nouveaux. Cette réévaluation entraîne une mise à jour du document unique et du plan d’actions de prévention. A noter que cette réévaluation des risques est une démarche collective : elle associe l’employeur, les salariés et les représentants du personnel.
Assurer un confort thermique suffisant
Concernant le chauffage de locaux du tertiaire, une entreprise peut décider pour réduire ses dépenses énergétiques de n’activer le chauffage que lorsque la température des bureaux est inférieure à 19 °C, sans que cette mesure à elle seule ne soit considérée comme une modification importante des conditions de travail.
A cette date, l’INRS n’a pas connaissance de travaux scientifiques démontrant un lien entre un travail dans un bureau chauffé à une température proche de 19 °C et des effets sur la santé. Pour autant, la réduction des températures dans les bureaux peut générer un inconfort thermique.
Il est important pour les entreprises d’assurer une ambiance thermique adaptée à l’activité physique des travailleurs. Chaque nouvelle situation de travail doit faire l'objet d'une évaluation des risques professionnels, en prenant toujours en compte le type d'activité effectuée.
Le confort thermique est une sensation liée à la température ambiante de l’environnement de travail et à la nature de l'activité. La température de confort thermique permet à une personne de maintenir, dans ces conditions, son équilibre thermique en utilisant un minimum d'énergie pour lutter contre le froid ou le chaud. Toutefois, la température de confort thermique dépend également des perceptions individuelles, de l'habillement, de la vitesse de l'air, de la température humide et sèche et de rayonnement.
En ce qui concerne le travail de bureau, lié à une activité physique légère, la température associée au confort thermique se situe généralement autour de 21 à 23 °C en période hivernale.
Repères de confort thermique pour une activité légère (type activité de bureau) |
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Température de l’air ambiant |
23 à 26 °C pour les périodes estivales |
Écart de température entre l’intérieur des locaux et l’extérieur |
Préférentiellement 6 à 8 °C maximum, pour éviter les désagréments en entrant ou en sortant |
Degré d’humidité relative |
40 à 70 % |
Vitesse de l’air au niveau des opérateurs |
Inférieur ou égal à 0,2 m/s |
Des températures ambiantes sensiblement différentes de celles recommandées ci-dessus n’engendreront généralement pas d'effets directs pour la santé des salariés lors d’une activité de bureau. Néanmoins celles-ci peuvent générer un inconfort thermique qui peut être vécu comme une dégradation des conditions de travail, et ainsi possiblement favoriser certains facteurs de risques psychosociaux (augmentation des exigences psychologiques, sentiment de manque de reconnaissance, dégradation des rapports sociaux...).
Il est ainsi recommandé à l’employeur d’expliquer les décisions prises et d’associer les instances représentatives à d’éventuelles mesures de réduction du chauffage des bureaux.
Pour en savoir plus :
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Article de revue 12/2019 | TC 167
Travailler dans une ambiance thermique froide
Ce dossier rappelle les effets physiologiques du froid et les risques pour la santé. L'évaluation de la contrainte, les mesures de prévention et la réglementation sont également abordées. 2 2https://www.inrs.fr/media.html?refINRS=TC%20167
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Article de revue 06/2020 | DO 29
Travailler dans des ambiances thermiques chaudes ou froides : Quelle prévention ?
Article HST (dossier) présentant les effets sur la santé des ambiances thermiques chaudes ou froides, et les moyens de les prévenir. 3 3https://www.inrs.fr/media.html?refINRS=DO%2029
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Article de revue 06/2021 | TS827page12
L'exposition à la chaleur, comme au froid, peut avoir des effets graves sur la santé et être à l'origine d'accidents du travail parfois mortels. Rappel des faits, à l'approche de l'été, alors que les effets du changement climatique pourraient encore peser sur les conditions de travail, notamment à l'extérieur. 4 4https://www.inrs.fr/media.html?refINRS=TS827page12
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Brochure 10/2021 | ED 950
Conception des lieux et des situations de travail
Cette brochure a pour objectif de mettre à disposition du maître d'ouvrage et de tout autre acteur de la conception les principaux éléments de démarche, méthodes et connaissances utiles à l'intégration de la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles. 5 5https://www.inrs.fr/media.html?refINRS=ED%20950
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ACTUALITE 12/2022
Éclairage : concilier sobriété énergétique et santé et sécurité au travail
Pour réduire les coûts d’éclairage des lieux de travail, des solutions techniques existent qui permettent de consommer moins tout en conservant un éclairage de qualité et suffisant. 6 6https://www.inrs.fr/actualites/eclairage-sobriete-energetique-sst.html
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DOSSIER 10/2024
Évaluation des risques professionnels : de quoi parle-t-on ?
L’évaluation des risques professionnels (EvRP) constitue une étape cruciale de la démarche de prévention. Elle en est le point de départ. Elle permet de définir les actions de prévention les plus appropriées, couvrant les dimensions techniques, humaines et organisationnelles. 7 7https://www.inrs.fr/demarche/evaluation-risques-professionnels/ce-qu-il-faut-retenir.html
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DOSSIER 10/2014
Entrepôts frigorifiques, chambres froides, travaux en extérieur en hiver… De nombreuses situations professionnelles exposent les salariés au froid, naturel ou artificiel. Cette exposition directe au froid présente des risques pour la santé des travailleurs. Il favorise également la survenue d’accidents. Lorsque la température ambiante est inférieure à 5° C, la vigilance s’impose. La prévention la plus efficace consiste à éviter ou à limiter le temps de travail au froid. 8 8https://www.inrs.fr/risques/froid/ce-qu-il-faut-retenir.html