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Nickel et composés

Fiche toxicologique n° 68

Sommaire de la fiche

Édition : Janvier 2025

Pathologie - Toxicologie

  • Toxicocinétique - Métabolisme [3]

    Le nickel et ses composés sont modérément absorbés quelle que soit la voie d'administration. Ils sont transportés dans le sang via un complexe ternaire albumine-nickel-histidine. Le nickel absorbé est éliminé majoritairement dans les urines. En cas d'ingestion, la plus grande partie du nickel n’est pas absorbée et est directement excrétée dans les fèces.

    Chez l'animal
    Absorption

    Les études expérimentales ont mis en évidence la biodisponibilité relativement faible des composés du nickel après inhalation, mais la quantité de nickel retrouvée dans la circulation sanguine à partir des poumons dépend de la solubilité dans l’eau des composés. À partir des données disponibles dans une étude sub-chronique de 13 semaines menée chez le rat, pas plus de 6 % de la dose inhalée n'est absorbée [6]1.1https://www.inrs.fr/publications/bdd/fichetox/fiche.html?refINRS=FICHETOX_68&section=pathologieToxicologie#ancre_BiblioTexte

    Chez le rat, l’absorption gastro-intestinale dépend de la solubilité dans l’eau du composé : la fraction absorbée est de 34 % pour le nitrate de nickel, 10 - 11 % pour le sulfate et le chlorure, < 1 % pour le disulfure de trinickel, < 0,1 % pour le nickel métal et de l’ordre de 0,01 % pour l’oxyde de nickel [42].

    Comme chez l’Homme, le nickel et ses composés peuvent traverser lentement la barrière cutanée : une partie du chlorure de nickel déposé sur la peau atteint des couches plus profondes de l’épiderme puis est absorbée. L’augmentation des concentrations en nickel dans le foie et les reins de cochons d’Inde, suite à une exposition cutanée au sulfate de nickel pendant 15 ou 30 jours, est le signe de son absorption [36].

    Distribution

    Après des expositions répétées par voie orale à des composés solubles (gavage, nourriture ou eau de boisson, rat et souris), le nickel se distribue principalement dans les reins, mais il est également retrouvé au niveau du foie, des poumons, du tissu adipeux, du système nerveux périphérique et du cerveau [37].

    Suite à une exposition par inhalation de rat et de souris, le nickel est principalement retrouvé dans le tractus respiratoire (poumons, sinus) et les reins [43].

    Après une exposition unique par inhalation de rats au monoxyde de nickel, pendant 70 minutes, à une dose de 9,9 mg Ni/m3, la fraction inhalée déposée dans le tractus respiratoire est de 13 % avec 8 % déposés dans les voies aériennes supérieures et 5 % dans les voies inférieures. Pendant les 180 jours de post-exposition, le nickel n’est pas détecté dans d’autres tissus que les poumons [44].

    Dans le sang des rongeurs, le nickel absorbé est en partie libre, mais surtout lié à des protéines (albumine, α –macroglobuline, métalloprotéines) et à l’histidine. Un complexe ternaire albumine-nickel-histidine intervient dans le transport.

    Excrétion

    Quelle que soit la voie d’exposition, le nickel absorbé est excrété dans l’urine, à des taux très variables, et le nickel non absorbé est excrété via les fèces. Ainsi, en cas d’ingestion, la plus grande partie du nickel est éliminée en une journée par les fèces (94 à 97 % chez le rat, correspondant au nickel non absorbé), et seulement 3-6 % dans les urines [3].

    La rétention pulmonaire dépend de la solubilité dans l’eau des composés : l’élimination peut prendre plusieurs semaines, voire plusieurs années (demi-vie de 1 à 3 jours pour le sulfate de nickel, de 5 jours pour le disulfure de trinickel et > 100 jours pour le monoxyde de nickel). Après une exposition respiratoire au monoxyde de nickel chez le rat (composé peu soluble dans l’eau), le nickel est excrété uniquement dans les fèces indiquant que le mécanisme d’élimination pulmonaire prédominant de ce composé est médié par les macrophages, plutôt qu’un phénomène de dissolution/absorption. Pour les composés plus solubles dans l’eau, le phénomène de dissolution/absorption au niveau pulmonaire semble jouer un rôle plus important [44].

    Chez l'Homme

    L’absorption, la distribution et l’élimination du nickel et de ses composés dépendent de la voie d’exposition, de sa forme physique, de sa capacité à relarguer le métal et, dans le cas des poudres ou poussières, de la taille des particules.

    Absorption

    Le dépôt, la rétention et l’absorption pulmonaires des composés du nickel sous forme d’aérosols sont régies par les propriétés physico-chimiques des particules, et notamment le diamètre aérodynamique moyen des particules. Ainsi, en règle générale, seules les particules de taille inférieure à 100 nm sont inhalables et peuvent se déposer dans le tractus respiratoire. Le dépôt dans le tractus respiratoire dépend alors de la taille des particules mais aussi de leur forme et leur charge électrique, de la densité, l'hygroscopie et des paramètres respiratoires individuels. Les particules les plus grosses (5 à 30 μm) se déposent dans les voies aériennes supérieures, les particules entre 1 et 5 μm au niveau de la trachée et des bronchioles, et les particules les plus petites (< 1 μm) au niveau des alvéoles pulmonaires [36].

    Dans le cas du nickel métal, l’absorption respiratoire est limitée : 20-35 % des particules de nickel déposées dans les poumons passent dans le sang, les particules restantes pouvant être soit expectorées, soit ingérées, soit rester dans le tractus respiratoire. Le passage dans la circulation sanguine à partir des poumons dépend de la solubilité dans l’eau des composés, les composés les plus solubles (chlorure et sulfate de nickel) étant plus facilement absorbés que les  composés peu solubles (oxyde de nickel et disulfure de trinickel).

    L’absorption gastro-intestinale dépend elle aussi de la composition chimique et donc de la solubilité dans l’eau des composés : elle est comprise entre 1 et 40 % [37].

    Le nickel et ses composés peuvent traverser la barrière cutanée : l’absorption est lente et le coefficient de perméabilité (Kp) faible. La sueur peut contribuer à l’oxydation des particules métalliques et à leur passage de la barrière cutanée sous forme ionisée [38]. Les ions Ni formés à partir d'une solution de chlorure passent plus rapidement la peau que les ions formés à partir d’une solution de sulfate [36].

    Distribution

    Dans le sang, le nickel absorbé se lie à des protéines (albumine, α–macroglobuline, métalloprotéines) et à l’histidine et est rapidement distribué dans l’organisme. Un complexe ternaire albumine-nickel-histidine intervient dans le transport.

    Très peu d’informations sont disponibles concernant la distribution chez l’Homme : les autopsies d’individus exposés extra-professionnellement révèlent la présence de nickel dans tous les tissus, avec des concentrations plus importantes dans les poumons, les glandes surrénales et la thyroïde [39].

    Excrétion

    Le nickel absorbé peut être retrouvé dans la sueur, les cheveux, la salive ou le lait. La demi-vie du nickel dans le plasma dépend de l’espèce chimique considérée. Pour les composés solubles, la demi-vie est comprise entre 11 et 39 heures ; sous forme particulaire, des demi-vies de 30 à 54 heures ont été mesurées [40].

    Quelle que soit la voie d’exposition, le nickel absorbé est excrété rapidement dans l’urine (demi-vie d’élimination moyenne de 28 ± 9 heures), à des taux très variables, et le nickel non absorbé est excrété via les fèces [41].

    Surveillance Biologique de l'exposition

    Le dosage du nickel dans les urines en fin de poste et fin de semaine de travail est proposé pour la surveillance biologique des expositions professionnelles. Il est le témoin de l'exposition récente aux dérivés solubles du nickel et de l'exposition récente et ancienne aux dérivés insolubles.

    Des valeurs biologiques d’interprétation professionnelles sont proposées par plusieurs organismes, en fonction de la solubilité des composés de nickel, ainsi que des valeurs d’imprégnation en population générale.

    Les prélèvements doivent être réalisés en dehors des locaux de travail, au mieux après une douche et au minimum après lavage des mains pour limiter le risque de contamination des échantillons.

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