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Plomb et composés minéraux

Fiche toxicologique n° 59

Sommaire de la fiche

Édition : Janvier 2025

Pathologie - Toxicologie

  • Toxicocinétique - Métabolisme [4, 5, 7, 33, 37]

    Chez l’animal comme chez l’Homme, le plomb pénètre dans l’organisme par voies digestive et pulmonaire ; l'absorption cutanée est négligeable. L'absorption pulmonaire dépend notamment de la taille des particules chargées en plomb et de leur solubilité. Le plomb n'est pas métabolisé dans l'organisme, il se distribue dans les érythrocytes, les tissus mous, les os et traverse la barrière placentaire. Il n’y a pas d’accumulation dans les poumons. Le plomb inhalé non absorbé est éliminé par action mucociliaire trachéo-bronchique vers le tractus gastro-intestinal puis, comme le plomb ingéré, est absorbé ou directement éliminé dans les fèces. Le plomb absorbé est principalement excrété dans les urines et les fèces, et dans une moindre mesure, via la salive, la sueur, les phanères et le lait maternel.

    Chez l'animal
    Absorption

    Le plomb métal et ses composés minéraux sont absorbés par les poumons et le tractus gastro-intestinal.

    L'absorption pulmonaire dépend de la forme chimique, de la taille des particules chargées en plomb et de leur solubilité mais aucune donnée quantitative n’est disponible chez l’animal.

    Par voie orale, l'absorption varie aussi en fonction de la forme chimique : le carbonate de plomb est 12 fois mieux absorbé que le plomb métal. L'absorption diminue avec l'âge (de 83 % pour un rat âgé de 16 j à 16 % pour un rat âgé de 89 j), probablement à cause d'un processus de maturation selon lequel l'intestin perd sa capacité d'ingestion des particules par pinocytose [16].

    L'absorption cutanée est très faible. Suite à l’application sous pansement occlusif de 100 mg de plomb, les mesures urinaires de plomb réalisées chez les rats pendant 12 jours ont permis de déterminer les taux d’absorption de différents composés : nitrate de plomb (0,03 %), stéarate de plomb (0,006 %), sulfate de plomb (0,006 %), oxyde de plomb (0,005 %) et plomb métallique (0,002 %) [33].

    Distribution

    La distribution du plomb dans l’organisme n’est pas homogène. Les études menées chez l'animal indiquent principalement trois compartiments (sang, tissus mous, squelette), qui possèdent des cinétiques d’élimination différentes :

    • le sang ; le plomb sanguin ne représente que 1 à 2 % de la quantité de plomb présente dans l’organisme. La demi-vie du plomb y est d'environ un mois ;
    • les tissus mous comme les reins et le cerveau, mais aussi la rate, la prostate, le cœur et les testicules, avec une demi-vie du plomb comprise entre 40 et 60 jours ;
    • le squelette, avec une cinétique de renouvellement lente ; il contient environ 95 % du plomb total et la demi-vie du plomb est d'environ 60 - 100 jours chez le rat. Le taux de plomb dans le compartiment osseux augmente avec le temps, le plomb libéré des 2 autres compartiments étant capté par les os.

    Le plomb ne s’accumule pas dans les poumons. Par ailleurs, il traverse la barrière placentaire et a pu être retrouvé dans le sang, le foie, le cerveau et le squelette des fœtus.

    La distribution dans l’organisme du plomb est influencée par l'âge (le pourcentage retenu dans le cerveau est 8 fois plus élevé chez le rat non sevré que chez l'adulte).

    Excrétion

    Le plomb n'est pas métabolisé dans l'organisme.

    Le plomb absorbé est principalement éliminé par les voies urinaire (> 75 %) et fécale (15-20 %). Le reste est éliminé via la salive, la sueur, les phanères et par le lait maternel. Chez l'animal, la clairance biliaire varie avec l'espèce : de 0,16 à 8 % du plomb absorbé chez le chien, le lapin et le rat.

    Chez l'Homme
    Absorption

    L'absorption des vapeurs de plomb se fait par voie respiratoire ; celle des poussières se fait par voies respiratoire et surtout digestive. La rétention pulmonaire dépend de la granulométrie des particules, de leur solubilité et du débit ventilatoire des personnes exposées : elle est comprise entre 30 à 50 % du plomb inhalé.

    Les particules de diamètre médian inférieur à 1 μm sont celles qui peuvent se déposer dans les alvéoles où elles sont susceptibles de passer dans le sang ; leur passage systémique est d'autant plus important que les particules sont hydrosolubles ou acidosolubles. Environ 95 % du plomb inorganique déposé au niveau des alvéoles sont absorbés [16]. Les particules de diamètre médian supérieur à 5 μm se déposent dans les voies respiratoires supérieures et sont dirigées par l’action mucociliaire vers le système gastro-intestinal, où elles sont finalement ingérées.

    L’absorption digestive du plomb est influencée par ses caractéristiques physico-chimiques ; elle est favorisée par le jeûne et la prise de nourriture riche en graisse tandis qu’elle est freinée par un apport en zinc ou en calcium, probablement en raison d’une compétition au niveau intestinal. De plus, elle diminue avec l'âge et passe de 40 à 50 % chez l'enfant à 5 à 10 % chez l’adulte. Le système transporteur du calcium pourrait être impliqué dans l'absorption du plomb.

    L'absorption cutanée est généralement faible sur peau intacte (< 0,5 %). La pénétration des poussières déposées sur la peau des mains est surtout digestive, résultant de l’activité main-bouche

    Distribution

    La distribution du plomb dans l’organisme n’est pas homogène. Comme chez l’animal, les études menées chez l'Homme indiquent principalement trois compartiments (sang, tissus mous, squelette), qui possèdent des cinétiques d’élimination différentes :

    • le sang, avec une demi-vie d’environ 1 mois. Le plomb sanguin ne représente que 1 à 2 % de la quantité de plomb présente dans l’organisme : il se retrouve principalement dans les érythrocytes (> 95 %), le reste étant présent dans le plasma, sous forme liée à l’albumine. La concentration sanguine est modulée par des variations individuelles d'origine nutritionnelle (interférence avec le zinc ou le cuivre) ;
    • les tissus mous comme le système nerveux central et périphérique ainsi que le foie, les reins, les muscles, avec une demi-vie du plomb d'environ 40 à 60 jours ; il représente 5 à 10 % de la dose interne. Les autopsies réalisées sur des salariés ont révélé une accumulation du plomb, par ordre décroissant, dans le foie, les reins, les poumons et le cerveau. Dans le système nerveux central, le plomb se concentre dans la substance grise et certains noyaux, les plus fortes concentrations se retrouvent dans l'hippocampe suivi par le cervelet, le cortex cérébral et la moelle. Dans les reins, il se retrouve dans le cortex ;
    • le squelette, compartiment le plus chargé, avec une cinétique de renouvellement lente ; il contient environ 90 % du plomb total et la demi-vie est comprise entre 10 et 30 ans chez l'Homme. Le taux de plomb dans ce compartiment augmente avec le temps par transfert à partir des deux autres compartiments [38]. La fixation osseuse se fait par une réaction échange/absorption entre la partie minérale de l'os et le fluide extracellulaire ; le plomb se substitue au calcium à la surface des cristaux d'hydroxyapatite (espèce minérale de la famille des phosphates). Il n'est pas « séquestré » irréversiblement et peut être libéré par échange ionique ou activité ostéoclastique dans certaines circonstances physiologiques (grossesse, allaitement), maladies chroniques (ostéoporose…), en cas d’immobilisation prolongée ou d'administration d'hormones parathyroïdiennes. Dans ces conditions de libération, le plomb osseux est une source importante d'imprégnation et peut représenter jusqu'à 50 % de la concentration sanguine. La fraction de plomb dans les os augmente avec l'âge (75 % de la charge corporelle chez l'enfant et 90 % chez l’adulte). La quantité totale de plomb accumulée pendant la vie peut atteindre plus de 500 mg chez un ouvrier fortement exposé.

    Le plomb ne s’accumule pas dans les poumons. Par ailleurs, il traverse la barrière placentaire et peut s'accumuler dans les tissus fœtaux (sang, foie, cerveau, squelette). A la naissance, les plombémies de la mère et de l’enfant sont très proches.

    Excrétion

    Le plomb inorganique n'est pas métabolisé dans l'organisme.

    Le plomb inhalé non absorbé est éliminé par action mucociliaire trachéo-bronchique vers le tractus gastro-intestinal puis, comme le plomb ingéré, est absorbé ou directement éliminé dans les fèces.

    L'excrétion rénale se fait par filtration glomérulaire, avec une réabsorption tubulaire possible. Le plomb absorbé quelle que soit la voie est principalement excrété par la voie urinaire (> 75 %) et la voie fécale (15-20 %). Le reste est éliminé via la salive, la sueur, les phanères ainsi que via le lait maternel.

    Surveillance Biologique de l'exposition

    La plombémie (concentration de plomb sanguin) est le meilleur indicateur d'exposition au plomb des semaines précédentes, lorsque l'exposition est stable. Elle est bien corrélée avec le plomb atmosphérique et les effets sur la santé.

    Des valeurs biologiques d’interprétation professionnelles (basées sur la relation avec les effets neurocomportementaux) et issues de la population générale sont disponibles pour cet indicateur. Pour les femmes en âge de procréer, il est recommandé de ne pas dépasser le 95e percentile des valeurs mesurées dans la population générale française [37] dans la mesure où il n'est pas possible d'identifier un seuil sans effet sur la reproduction.

    Lors du prélèvement, des précautions doivent être prises pour éviter une contamination externe de l’échantillon : prélèvement dans un local non pollué, après lavage des mains, changement de vêtements et douche (un dosage le lundi matin est préférable). Le dosage doit être réalisé par des laboratoires accrédités (article R. 4412-51-1 du Code du travail).

  • Toxicité expérimentale
  • Toxicité sur l’Homme
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