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Fipronil

Fiche toxicologique n° 286

Sommaire de la fiche

Édition : Juillet 2024

Pathologie - Toxicologie

  • Toxicocinétique - Métabolisme [11 à 15]
    Chez l'animal
    Absorption

    Chez le rat, l'absorption orale après administration unique par gavage est importante, comprise entre 80 et 90 %. La vitesse d'absorption est rapide à faible dose (Tmax entre 5 et 6 heures pour la dose de 4 mg/kg pc) mais relative­ment lente à dose plus élevée (Tmax > 33 heures pour 40 mg/kg pc). Parmi les études d'absorption cutanée réali­sées avec différentes formulations à base de fipronil, la valeur la plus importante, fondée sur une étude in vitro sur épiderme humain, est de 11 %.

    Distribution

    Chez le rat, après administration orale de fipronil radio­marqué (marquage au 14C uniformément réparti dans le cycle aromatique), la distribution dans l'organisme est large, principalement dans les tissus graisseux et le foie, et dans une moindre mesure dans les surrénales, le pan­créas, la thyroïde, l'utérus, les ovaires et le cerveau.

    Les données disponibles lors d'administration orale répé­tée chez le rat ne permettent pas d'exclure un potentiel d'accumulation du fipronil.

    Métabolisme

    Chez le rat, le métabolisme du fipronil est très important. Les métabolites majoritaires ont été identifiés. Il s'agit notamment des produits de réduction de la fonction sul­foxyde en sulfure, d'oxydation de la fonction sulfoxyde en sulfone, d'hydrolyse de la fonction cyano en amide, de perte du groupement trifluorométhylsulfinyle ou encore d'ouverture du cycle pyrazole.

    Le sulfone est le principal métabolite tissulaire du fipronil. In vitro chez l'Homme, le métabolisme oxydatif hépatique serait lié à l'isoforme 3A4 du cytochrome P450 [16].

    Excrétion

    Chez le rat, l'élimination est lente (la demi-vie plasma­tique du fipronil calculée après administration d'une dose unique de 4 mg/kg pc est de 175 heures).

    L'excrétion biliaire est prépondérante : 4 à 8 fois plus importante que l'excrétion urinaire pour une administra­tion unique (4 ou 40 mg/kg pc).

    Une étude visant à estimer le cycle entéro-hépatique du fipronil radiomarqué chez le rat a mis en évidence une réabsorption de près de 74 % de la radioactivité éliminée par voie biliaire, au niveau du tractus gastro-intestinal, ce qui explique pour partie la demi-vie d'élimination relative­ment élevée de cette substance.

    Chez l'Homme

    Le fipronil ainsi que son métabolite sulfoné sont excrétés dans les urines chez l'Homme ; l'ensemble fipronil + fipronil-sulfone désigné par le terme générique « fiproles » est utilisé pour la surveillance biologique de l'exposition [11].

    Surveillance Biologique de l'exposition

    Un groupe d'experts constitué par l'Afsse et l'Afssa consi­dère comme acceptable, malgré quelques limites, la valeur limite de 50 ng/mL pour la concentration plasma­tique de fiproles chez les salariés exposés. Cet indicateur biologique d'exposition utilisé par le fabricant pour la sur­veillance des travailleurs des usines de production est la concentration plasmatique de fiproles (somme du fipronil + principal métabolite fipronil-sulfone). La valeur de réfé­rence retenue est déterminée à partir d'une étude de toxi­cité par voie orale de 52 semaines chez le chien où la concentration plasmatique moyenne sans effet était de 500 ng/mL, un facteur de sécurité de 10 est appliqué à cette valeur.

    En France, entre 1997 et 2004, l'industriel a fait réaliser un suivi régulier du personnel travaillant dans l'usine de fabrication du fipronil. Au total, 606 prélèvements san­guins ont été collectés. Dans un seul cas, la valeur des concentrations de fiproles plasmatiques a légèrement dépassé la valeur de 50 ng/mL sans induire d'effets néfastes sur la santé du travailleur.

    Par ailleurs, ce même industriel a conduit une étude chez 23 salariés nord-américains et 53 salariés indonésiens, tous de sexe masculin, travaillant dans deux usines de production et de conditionnement du fipronil. La concen­tration plasmatique des fiproles était comprise entre 7 et 51 ng/mL aux États-Unis et entre 6 et 308 ng/mL en Indo­nésie. Aucun de ces employés n'a présenté de signes de neurotoxicité à l'examen clinique ou lors des tests psycho­métriques auxquels ils avaient été soumis.

    La MSA, Mutualité sociale agricole, a réalisé une étude portant sur 531 salariés travaillant dans 14 stations de traitement de semences. Les résultats indiquent que 80 % des personnes exposées présentaient une concentration plasmatique inférieure à 10 ng/mL et 99 % ne dépassaient pas 40 ng/mL ; seuls 5 dosages concernant 4 personnes présentaient des résultats supérieurs ou égaux à 50 ng/mL ; une personne présentait un taux plasmatique légèrement supérieur à 100 ng/mL. Aucun signe clinique évocateur d'une intoxication subaiguë par le fipronil n'a été constaté chez ces salariés [11, 17]​1.1https://www.inrs.fr/publications/bdd/fichetox/fiche.html?refINRS=FICHETOX_286&section=pathologieToxicologie#ancre_BiblioTexte

  • Toxicité expérimentale
  • Toxicité sur l’Homme
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