Pathologie - Toxicologie
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Toxicocinétique - Métabolisme
L’octaméthylcyclotétrasiloxane est légèrement absorbé par voies orale et inhalatoire (environ 10 %) et peu par voie cutanée. Il se distribue dans tout l’organisme, préférentiellement dans le tissu adipeux, et est éliminé, sous forme métabolisée, dans l’urine et l’air expiré.
Chez l'animal
Absorption
L’absorption orale de l’octaméthylcyclotétrasiloxane (300 mg/kg) chez le rat femelle est fortement influencée par le véhicule utilisé (environ 28 % pur, 52 % dans l’huile de maïs) [3, 4].
Après une exposition par inhalation (rat femelle, nez seul, 700 ppm, 6 h/j, pendant 14 jours + 14C]-octaméthylcyclotétrasiloxane au 15e jour), les animaux retiennent 6 à 8 % des molécules radiomarquées. La concentration maximale est atteinte en 1 et 3 h dans le sang et le plasma, respectivement, et 12 h après l’exposition dans le tissu adipeux, qui contient la plus forte concentration pendant 48 h [4, 10].
L’absorption cutanée est difficile à mesurer du fait de la grande volatilité de la substance ; des études in vivo chez le rat montrent une absorption d’environ 0,7 % de la dose en semi-occlusion. L’absorption cutanée à travers la peau humaine in vitro (transplantée en sous-cutané sur la souris nude) varie de 0,5 à 1 % ; il reste 0,02 % dans la peau après 72 h, la majorité s’étant évaporée au site d’application [11a, 20].
Distribution
Après exposition orale ou inhalatoire, l’octaméthylcyclotétrasiloxane se distribue dans tous les tissus, avec une préférence pour le tractus respiratoire et le tissu adipeux, et est éliminé avec une demi-vie d’élimination de 68 h dans le plasma, 154 h dans la peau et 273 h dans les testicules [4].
Après exposition cutanée, malgré les propriétés lipophiles de l’octaméthylcyclotétrasiloxane, aucune accumulation significative n’a été observée dans le tissu adipeux de la peau (10 % de la dose absorbée dans le tissu adipeux sous-cutané) ; la faible quantité détectée dans la peau se situe essentiellement dans l’épiderme (61 %) et le derme [20].
Métabolisme
Il existe une différence de métabolisation entre les souches (les rats Fisher métabolisent de façon plus extensive l’octaméthylcyclotétrasiloxane que les rats Sprague-Dawley) ; dans une même souche, les mâles semblent mieux transformer l’octaméthylcyclotétrasiloxane que les femelles.
La molécule subit une coupure et une déméthylation, ce qui conduit à 2 métabolites majeurs (75-85 % des composés éliminés) : le diméthylsilanediol et le méthylsilanetriol (voir fig. 1). Des métabolites mineurs intermédiaires ont été identifiés [11b].
Schéma métabolique
Excrétion
Après exposition orale, l’excrétion est essentiellement fécale ; la durée du transit intestinal varie selon le véhicule utilisé.
Après exposition par inhalation, la majeure partie des molécules radiomarquées absorbées est éliminée dans l’air expiré (26-35 % dont 2-4,5 % sous forme de CO2) et l’urine (37-40 %) ; 13-19 % sont excrétés dans les fèces et 6,5-10 % restent dans la carcasse après 168 h. Il n’y a pas d’excrétion urinaire de la molécule parentale. Suite à la différence de métabolisation, les rats Fischer 344 femelles excrètent des métabolites urinaires plus diversifiés (en général déméthylés) que les rats Sprague-Dawley [4, 10]. À forte concentration, l’excrétion dans l’air expiré augmente et celle dans les fèces diminue suggérant une saturation enzymatique.
Après exposition cutanée, le rat excrète 42 % des molécules absorbées dans l’air expiré et 49 % dans l’urine et les fèces [20].
Chez l'Homme
Des volontaires, exposés par inhalation à 10 ppm (122 µg/L) de [14C]-octaméthylcyclotétrasiloxane pendant 1 h et soumis à un exercice intermittent, absorbent au niveau sanguin environ 10 % de la quantité ayant pénétré par voie respiratoire. Une élimination respiratoire rapide de 24 % de la dose absorbée est observée. Les dosages et les mesures de radioactivité plasmatiques et sanguins, immédiatement après l’exposition, révèlent un pic moyen de 79 ± 5 ng/g et indiquent une clairance sanguine rapide non linéaire ; les métabolites persistent plus longtemps et sont encore présents 24 h après l’exposition. Le taux de radioactivité sanguine après 24 h correspond à 12 % de la valeur mesurée après 1 h. Environ 25-30 % des molécules radiomarquées absorbées sont excrétés dans les urines sous forme de métabolites identiques à ceux du rat ainsi que d’un métabolite supplémentaire, le triméthyldisiloxane-1,3,3-triol [21] (voir fig. 1).
Le pic sanguin de molécules radiomarquées est mesuré 1 h après application de [13C]-octaméthylcyclotétrasiloxane par voie cutanée sous les aisselles (1,4 g pour les hommes et 1 g pour les femmes) ; la concentration sanguine chute rapidement dans les heures qui suivent. Les femmes ont un taux d’octaméthylcyclotétrasiloxane plasmatique et sanguin plus élevé que les hommes. L’excrétion de [13C]-octaméthylcyclotétrasiloxane apparaît dans l’air expiré dès la première heure [11c].
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Toxicité expérimentale
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Toxicité sur l’Homme [3, 15, 23]