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Octaméthylcyclotétrasiloxane

Fiche toxicologique n° 271

Sommaire de la fiche

Édition : 2008

Pathologie - Toxicologie

  • Toxicocinétique - Métabolisme

    L’octaméthylcyclotétrasiloxane est légèrement absorbé par voies orale et inhalatoire (environ 10 %) et peu par voie cutanée. Il se distribue dans tout l’organisme, préférentiel­lement dans le tissu adipeux, et est éliminé, sous forme métabolisée, dans l’urine et l’air expiré.

    Chez l'animal
    Absorption

    L’absorption orale de l’octaméthylcyclotétrasiloxane (300 mg/kg) chez le rat femelle est fortement influencée par le véhicule utilisé (environ 28 % pur, 52 % dans l’huile de maïs) [3, 4].

    Après une exposition par inhalation (rat femelle, nez seul, 700 ppm, 6 h/j, pendant 14 jours + 14C]-octaméthylcyclotétrasiloxane au 15e jour), les animaux retiennent 6 à 8 % des molécules radiomarquées. La concentration maximale est atteinte en 1 et 3 h dans le sang et le plasma, respec­tivement, et 12 h après l’exposition dans le tissu adipeux, qui contient la plus forte concentration pendant 48 h [4, 10].

    L’absorption cutanée est difficile à mesurer du fait de la grande volatilité de la substance ; des études in vivo chez le rat montrent une absorption d’environ 0,7 % de la dose en semi-occlusion. L’absorption cutanée à travers la peau humaine in vitro (transplantée en sous-cutané sur la sou­ris nude) varie de 0,5 à 1 % ; il reste 0,02 % dans la peau après 72 h, la majorité s’étant évaporée au site d’applica­tion [11a, 20].

    Distribution

    Après exposition orale ou inhalatoire, l’octaméthylcycloté­trasiloxane se distribue dans tous les tissus, avec une préférence pour le tractus respiratoire et le tissu adipeux, et est éliminé avec une demi-vie d’élimination de 68 h dans le plasma, 154 h dans la peau et 273 h dans les testicules [4].

    Après exposition cutanée, malgré les propriétés lipophiles de l’octaméthylcyclotétrasiloxane, aucune accumulation significative n’a été observée dans le tissu adipeux de la peau (10 % de la dose absorbée dans le tissu adipeux sous-cutané) ; la faible quantité détectée dans la peau se situe essentiellement dans l’épiderme (61 %) et le derme [20].

    Métabolisme

    Il existe une différence de métabolisation entre les souches (les rats Fisher métabolisent de façon plus exten­sive l’octaméthylcyclotétrasiloxane que les rats Sprague-Dawley) ; dans une même souche, les mâles semblent mieux transformer l’octaméthylcyclotétrasiloxane que les femelles.

    La molécule subit une coupure et une déméthylation, ce qui conduit à 2 métabolites majeurs (75-85 % des compo­sés éliminés) : le diméthylsilanediol et le méthylsilanetriol (voir fig. 1). Des métabolites mineurs intermédiaires ont été identifiés [11b].

    Schéma métabolique

    Excrétion

    Après exposition orale, l’excrétion est essentiellement fécale ; la durée du transit intestinal varie selon le véhicule utilisé.

    Après exposition par inhalation, la majeure partie des molécules radiomarquées absorbées est éliminée dans l’air expiré (26-35 % dont 2-4,5 % sous forme de CO2) et l’urine (37-40 %) ; 13-19 % sont excrétés dans les fèces et 6,5-10 % restent dans la carcasse après 168 h. Il n’y a pas d’excrétion urinaire de la molécule parentale. Suite à la différence de métabolisation, les rats Fischer 344 femelles excrètent des métabolites urinaires plus diversifiés (en général déméthylés) que les rats Sprague-Dawley [4, 10]. À forte concentration, l’excrétion dans l’air expiré aug­mente et celle dans les fèces diminue suggérant une satu­ration enzymatique.

    Après exposition cutanée, le rat excrète 42 % des molé­cules absorbées dans l’air expiré et 49 % dans l’urine et les fèces [20].

    Chez l'Homme

    Des volontaires, exposés par inhalation à 10 ppm (122 µg/L) de [14C]-octaméthylcyclotétrasiloxane pendant 1 h et soumis à un exercice intermittent, absorbent au niveau sanguin environ 10 % de la quantité ayant pénétré par voie respiratoire. Une élimination respiratoire rapide de 24 % de la dose absorbée est observée. Les dosages et les mesures de radioactivité plasmatiques et sanguins, immédiatement après l’exposition, révèlent un pic moyen de 79 ± 5 ng/g et indiquent une clairance sanguine rapide non linéaire ; les métabolites persistent plus longtemps et sont encore présents 24 h après l’exposition. Le taux de radioactivité sanguine après 24 h correspond à 12 % de la valeur mesurée après 1 h. Environ 25-30 % des molécules radiomarquées absorbées sont excrétés dans les urines sous forme de métabolites identiques à ceux du rat ainsi que d’un métabolite supplémentaire, le triméthyldisiloxane-1,3,3-triol [21] (voir fig. 1).

    Le pic sanguin de molécules radiomarquées est mesuré 1 h après application de [13C]-octaméthylcyclotétrasiloxane par voie cutanée sous les aisselles (1,4 g pour les hommes et 1 g pour les femmes) ; la concentration san­guine chute rapidement dans les heures qui suivent. Les femmes ont un taux d’octaméthylcyclotétrasiloxane plas­matique et sanguin plus élevé que les hommes. L’excré­tion de [13C]-octaméthylcyclotétrasiloxane apparaît dans l’air expiré dès la première heure [11c].

  • Toxicité expérimentale
  • Toxicité sur l’Homme [3, 15, 23]
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