Toxicité aiguë [4, 5]
Le TGIC présente une toxicité élevée par ingestion ou par inhalation. Il est irritant et sensibilisant pour la peau, sévèrement irritant pour les yeux.
La DL50 orale est variable selon l’espèce, le sexe et le véhicule utilisés. Chez le rat, elle est comprise entre < 100 et 447 mg/kg pour le mâle et 205 et 948 mg/kg pour la femelle ; chez le hamster, elle est de 1 672 mg/kg pour les deux sexes.
La DL50 cutanée est supérieure à 2 000 mg/kg chez le rat.
La CL50 est supérieure à 650 mg/m3/4 h chez les rats mâles et égale à 650 mg/m3/4 h chez les femelles (exposition par le nez, diamètre des particules < 7 μm). Chez la souris mâle, la CL50 est de 2 000 mg/m3/4 h pour une exposition corps entier.
Les signes toxiques observés chez le rat après administration orale sont : posture voûtée, piloérection, léthargie, dyspnée, exophtalmie, cachexie et pâleur des extrémités avant la mort. Il n’y a pas de modification macroscopique des organes. Par voie cutanée, les mêmes signes toxiques sont observés, avec une légère irritation cutanée à forte dose (2 150 - 3 170 mg/kg en solution aqueuse) réversible en 7 à 12 jours ; aucun signe toxique ou irritant n’est observé après application de 2 000 mg/kg en solution huileuse. Après inhalation, on observe une légère hémorragie des poumons chez les rats morts. Les souris présentent une hypoactivité, une irritation oculaire et respiratoire et, à forte dose, une baisse de la fréquence respiratoire ; les animaux morts en cours d’expérimentation présentent une modification de la couleur des poumons et un dépôt de substance autour du nez, des yeux et de la bouche (immixtion de la voie orale dans l’inhalation).
L’isocyanurate de triglycidyle, appliqué sur la peau du lapin, sous occlusion, sous forme solide ou en solution aqueuse, provoque une légère irritation. En revanche, il déclenche une irritation oculaire sévère non réversible en 7 jours : opacité cornéenne modérée à sévère, rougeur, chemosis et larmoiements dans les yeux traités et non lavés ; le rinçage après exposition a un effet palliatif.
C’est un sensibilisant cutané dans le test de maximisation chez le cobaye à la concentration de 10 %.
Toxicité subchronique, chronique [4, 5]
Chez le rat, l’exposition subchronique par gavage entraine des atteintes rénales et digestives à l’histologie.
Des rats exposés pendant 7 jours, par gavage, à des doses allant jusqu’à 216 mg/kg/j (mâles) et 172 mg/kg/j (femelles) ne révèlent ni signe clinique ni symptôme ; à l’autopsie, des lésions tubulaires rénales avec nécrose de l’épithélium de l’anse de Henlé et du tube contourné distal ainsi que des modifications hémorragiques et dégénératives de la muqueuse gastrique et duodénale sont observées à la plus forte dose.
Il n’y a pas d’étude par inhalation.
Effets génotoxiques [4, 5]
L’isocyanurate de triglycidyle donne des résultats positifs dans un grand nombre de tests in vitro et in vivo sur cellules somatiques ou germinales
In vitro, il est faiblement mutagène dans le test d’Ames, il induit des mutations dans les cellules de lymphome de souris (L5178/TK+/-), avec et sans activation métabolique, et la synthèse non programmée d’ADN dans les hépatocytes de rat mais pas dans les fibroblastes humains. Il augmente les échanges entre chromatides sœurs et les aberrations chromosomiques dans les cellules ovariennes et pulmonaires de hamster chinois mais pas dans les lymphocytes humains en culture. Il n’augmente pas le taux de transformation des fibroblastes d’embryons de souris (BALB/3T3).
In vivo, il augmente le taux d’anomalies nucléaires dans la moelle osseuse du hamster chinois, principalement le nombre de corps de Howell-Jolly, et modérément le nombre de micronoyaux dans les érythroblastes, les érythrocytes et les cellules leucopoïétiques ; il induit des échanges entre chromatides sœurs dans les cellules de la moelle osseuse à partir de 140 mg/kg par gavage.
Par gavage (115 mg/kg/j, pendant 5 jours), l’isocyanurate de triglycidyle provoque, chez la souris, l’apparition d’aberrations chromosomiques dans les spermatogonies mais pas dans les spermatocytes primaires ou secondaires ; par inhalation, il augmente la cytotoxicité dans les spermatogonies à partir de 10 mg/m3, 6 h/j, pendant 5 jours. Il n’induit pas de mutation létale dominante par voie orale ou inhalatoire. En revanche, il augmente la formation d’adduits isocyanurate de triglycidyle-ADN dans l’ADN des cellules du foie, de l’estomac et des testicules après administration de 200 mg/kg par gavage.
L'isocyanurate de triglycidyle est classé par l'Union européenne en mutagène, catégorie 2.
Effets cancérogènes [4, 5]
Les données ne mettent pas en évidence de potentiel cancérogène mais sont limitées.
Un essai de promotion cutanée chez la souris initiée par le diméthylbenzanthracène indique que l’isocyanurate de triglycidyle (2,5 %, 2 fois/sem pendant 26 semaines) n’est pas une substance promotrice.
Le stéréo-isomère α de l’isocyanurate de triglycidyle a été utilisé comme agent anticancéreux expérimental chez l’homme.
Effets sur la reproduction [4, 5]
Une baisse de la fertilité est observée chez la souris mâle.
Une réduction de la fertilité des mâles a été observée lors de l’étude de la mutation létale dominante (50 mg/m3, 6 h/j pendant 5 jours) : diminution du nombre d’accouplements pendant les 3 premières semaines et baisse de 10 % du poids des testicules.