Pathologie - Toxicologie
-
Toxicocinétique - Métabolisme [13 à 17]
Chez l'Homme comme chez l'animal, le d-dipentène est rapidement absorbé, métabolisé en composés oxydés et excrété majoritairement dans l'urine.
Chez l'animal
Absorption
Chez l'animal comme chez l'Homme, le d-dipentène est totalement absorbé à partir du tractus gastro-intestinal. Par voie cutanée, l’absorption semble faible.
Distribution
Chez le rat, après ingestion, le taux sanguin est maximal après 2 heures, se maintient à un niveau élevé pendant 10 heures puis diminue et devient négligeable après 48 heures [15]. Les études effectuées avec une molécule radiomarquée, administrée par voie orale (800 mg/kg), montrent une distribution essentiellement hépatique et rénale, avec élimination en 48 heures.
L’accumulation dans les reins et la liaison du d-dipentène aux protéines varient selon les espèces et/ou le sexe. Ainsi, la concentration mesurée chez les rats mâles est 3 fois supérieure à celle des femelles, avec 40 % liés de manière réversible à une protéine spécifique du rat mâle, l’α2µ-globuline[18].
Métabolisme
Le métabolisme des énantiomères (d) et (l) du dipentène a été étudié chez le rat, la souris, le lapin, le cobaye et le chien, in vivo et in vitro. Les enzymes à cytochromes P450 des microsomes hépatiques de ces espèces oxydent le dipentène en plusieurs produits comme les 1,2- et 8,9-époxydes, le carvéol (produit par 6-hydroxylation) et l'acide puis l'alcool périllique (produit par 7-hydroxylation) (voir Fig. 1). Parmi les cytochromes impliqués, on peut noter, dans les microsomes de foie de rat, le CYP2C11 (chez le mâle), le CYP2C12 (chez la femelle) et le CYP2B1 et, dans ceux du foie humain, les CYP2C9 et CYP2C19. Chez le rat, le taux d'oxydation des dipentène est plus important chez le mâle que chez la femelle, ce qui pourrait être une des causes de la néphrotoxicité spécifique du rat mâle ; cette différence n'existe pas dans les microsomes humains [19].
Schéma métabolique
Excrétion
Chez l'animal, 2 à 3 jours après exposition au 14C-d-dipentène par voie orale, les molécules radiomarquées sont excrétées sous forme de métabolites dans l'urine (75 à 95 %) et dans les fèces (moins de 10 %). Une très faible partie est éliminée sous forme inchangée dans les urines et environ 1 % dans l'air expiré.
Une excrétion biliaire a été montrée chez le rat (25 % de la dose administrée après 24 heures).
Chez l'Homme
Absorption
Chez l'Homme comme chez l’animal, le d-dipentène est rapidement et presque totalement absorbé à partir du tractus gastro-intestinal [20].
L'absorption moyenne par voie respiratoire est de 65 % chez des volontaires exposés (10, 225 et 450 mg/m3 de d-dipentène pendant 2 heures) au cours d'un effort léger.
L'absorption cutanée du d-dipentène (suite à l’immersion d'une main d'un volontaire pendant 2 heures) a été comparée à l'absorption par inhalation lors d'un effort léger (10 mg/m³ pendant 2 heures). Les auteurs ont mesuré des concentrations sanguines de d-dipentène environ 5 fois plus élevées après l'exposition par inhalation qu'après l'exposition par la voie cutanée (20 minutes après la fin de l'exposition). Le taux d’absorption percutanée a été estimé à 186 µl/cm².h [2]. En revanche, le d-dipentène , même en faible concentration (1 %) favorise la pénétration d’autres substances à travers la peau [21].
Distribution
Le d-dipentène est distribué rapidement dans tout l’organisme. Après inhalation, le taux sanguin diminue en trois phases de demi-vie 2,6 minutes, 33 minutes et 750 minutes ; la durée de la dernière phase ainsi que le caractère lipophile (logPow de 4,5) du dipentène semblent indiquer une accumulation dans les tissus riches en graisse [17].
Métabolisme
Le d-dipentène est rapidement métabolisé. Les principaux métabolites sanguins sont l'acide périllique, l'acide dihydropérillique et le dipentène-1,2-diol. Ces métabolites ont été mesurés dans le plasma de sept volontaires à des concentrations variant de 18 à 40 % suite à l'ingestion d'une dose de 100 mg/kg [5].
Le principal métabolite urinaire chez l'Homme est le d-dipentène -8,9-diol et son glucurono-conjugué : lors d'une étude chez deux volontaires, il représentait environ 27 % d'une dose ingérée de 1,6 grammes. L’acide périllique et ses métabolites ont aussi été retrouvés dans les urines de ces volontaires (entre 7 et 11 %) [22].
Excrétion
Comme chez l’animal, 2 à 3 jours après exposition au 14C-d-dipentène (ingestion de 1,6 g), les molécules radiomarquées sont excrétées sous forme de métabolites dans l'urine (75 à 95 %) et dans les fèces (moins de 10 %).
Chez des volontaires exposés à 450 mg/m3 pendant 2 heures, l’élimination sous forme inchangée est très faible que cela soit dans les urines (0,003 %) ou dans l'air expiré (environ 1 %) [5].
-
Toxicité expérimentale
-
Toxicité sur l’Homme